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 LE CHANT DES CIGALES [texte de chantara]

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Chantara
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MessageSujet: LE CHANT DES CIGALES [texte de chantara]   Dim 7 Déc 2008 - 15:20



Dehors les 12 coups de midi carillonnent au clocher de l'église, comme sur le tableau d'un peintre impressionniste. Les heures s'écoulent lentement. Le temps semble s'être arrêté. la vie quotidienne s'égraine au ralentit sous la chaleur du soleil de Provence. Il fait trop chaud pour travailler, alors on joue aux boules. Il fait trop chaud pour faire l'amour, alors on fait la sieste.

Là, sur la place du village, à l'ombre des platanes lorsque l'on prend la route qui descend vers l'église. On se laisse glisser en silence sur le gravillon du chemin. Alors sous le soleil écrasant, les cigales chantent et remplissent l'espace et le temps.

Au bas de la route, le chemin tourne après la dernière maison et lorsqu'on le suit, on sort peu à peu du village. Doucement, sans s'en apercevoir. Les maisonnettes s'espacent au profit des champs et des arbres. Le soleil blanc illumine tout et l'on ne voit plus rien. La chaleur écrasante vous colle à la peau. La sueur coule de mon front et perle au dessus de ma lèvre, mes mains moites tirent souvent sur mon t-shirt en coton, comme si ce geste allait faire descendre le thermomètre de quelques degrés. Mes oreilles bourdonnent du "cricri" incessant des cigales. Malgré tout cela, ou a cause de cela, le paysage est beau comme une carte postale pleine de la lumière de midi.
Les mains dans les poches, les pieds dans mes sandales, j'avance au son du crissement des cailloux, sur le chemin qui serpente dans la garrigue. L'odeur de romarin donne du goût à la promenade. Mon visage affiche un sourire de "Joconde", mes cheveux tombent dans mon dos et je continue ma ballade comme tous les jours à cette heure là. cricricricri
La vie est tellement plus tranquille que nulle part ailleurs. On se sent sans contrainte. Quelle chance j'ai eu de venir vivre ici.

Un pas devant l'autre. Une touffe d'herbe après l'autre et la vie avance. cricricricri
La colline remonte déjà vers les arbres à pins. Le bouquet d'arbres se resserre. Enfin un peu d'ombre.
Une douce fraîcheur m'enveloppe et fait ralentir mon pas... cricricricri
Après le colline, les arbres font une voûte de cathédrale jusqu'à la clairière. Là, une immense tache verte de lumière vous aveugle. Instinctivement, je cligne des yeux. cricricricri
De l'autre côté une barrière blanche dessine un trait de craie sur ce magnifique tableau. Mes pas se dirigent en rythme vers l'extrémité du champs. cricricricri
Après avoir enjambé la barrière , je me retrouve derrière une ferme de pierres beiges cachée par un bosquet de chênes centenaires. cricricricri
Accrochée là, presque par oubli, rien ne bouge. Je songe soudain, que j'adorerai habiter ici, loin du monde. La niche du chien est vide, avec sa chaîne abandonnée, sans personne au bout.
J'avance doucement pour traverser la cour. cricricricri
Pas une poule, pas un canard, pas un bruit même... juste le cricricricricricricricrcri
Les fenêtres et les portes sont closes, une paire de bottes est posée près du paillasson. Je reprends le chemin de sable qui m'éloigne de la maison. Il redescend sous les arbres qui bordent les champs des deux cotés. cricricricri
Moi, je la repeindrai de couleur jaune avec des volets parme.
Il fait toujours aussi chaud. A quelques centaines de mètres, on aperçoit une grange sur la droite au pied d'un grand hêtre. Les planches de bois des murs n'ont pas vu la moindre peinture depuis de nombreuses années. Elle est couleur du temps. cricricricri
Perdue dans la nature, elle reste là figée, les portes béantes. Prêtes à vomir hommes et matériels. cricricricri
Mais aucune voix ne résonne. Ni de la complainte du travail, ni du moindre moteur, pas plus que des aboiements du chien...
J'avance prudemment, la semelle de mes sandales glissant sur les graviers de la route qui sent le soleil.
Plus je me rapproche de cette grange immobile, plus mes oreilles perçoivent à travers le chant des cigales, comme un grincement lent à deux temps. cricricricri grin grin
Qu'est ce que cela peut etre ? Mes yeux cherchent alentours et ne voient rien de particulier. cricricricri grin grin
A hauteur de la grange, je regarde par les portes ouvertes. Elle doit être profonde, mais la pénombre ne laisse voir qu'une grosse tache noire. Mais j'entends toujours le lent grincement grin grin a travers les "cricri"
Je détourne la tête et reprend ma ballade. Midi à sonné depuis longtemps et je commence à avoir faim. cricricricri grin
Je crois que je vais prendre le chemin du retour pour rentrer à la maison et boire un verre d'eau bien fraîche avant de passer à table. cricricricri grin
Plus j'avance, plus dans mon dos, le grange prend des allures de maison de poupée. Le chemin continue de couler vers le bas, avec moi sur son dos. Les yeux à moitié fermés par le soleil, je m'imagine déjà assise devant une nappe à carreaux rouge et blanc, avec une assiette de tomates fraîches et huileuses, saupoudrées de basilic et de cubes de mozzarella. cricricricri
C'est comme si j'y étais...


Pourtant derrière moi, la chaleur fait un voile mouvant devant l'entrée de la grange en bois. Le "cricri" des cigales dans le silence immobile du zénith parait irréel. Si seulement, je m'étais approchée ! Si seulement, j'avais chercher à comprendre d'où provenait ce grincement fantomatique caché derrière les "cricri" !

...J'aurai passé les portes grandes ouvertes pour entrer dans la fraîcheur sombre. Après quelques instants, mes yeux se seraient habitués à l'absence de clarté et qu'aurai-je vu ? Au fond de la bâtisse, accroché à la poutre maîtresse de l'édifice, une corde tressée qui se balançait avec au bout de cette corde... un homme en pantalon de travail, et des chaussettes rayées bleues et blanches. A l'un de ses pieds, j'aurai pu voir un sabot de bois, alors que l'autre était tombé sur le sol..... cricricricri




________,-(''-.,(''-.,*o*,.-''),.-'')-,________
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¯¯¯¯¯'-(,.-''(,.-''*o*''-.,)''-.,)-'¯¯¯¯¯¯¯¯


Dernière édition par Chantara le Mar 9 Déc 2008 - 17:42, édité 3 fois
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Arwen
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MessageSujet: Re: LE CHANT DES CIGALES [texte de chantara]   Dim 7 Déc 2008 - 21:57

J'aime bien. On ressent le sol, la chaleur et la caresse du soleil, on entend les cigales et on sent le thym. Very Happy

On passe du bonheur à la tristesse mais c'est magnifique, Chantara!

_________________
Ná Elbereth veria le, ná elenath dín síla erin rád o chuil lín. Im Arwen.
Telin le thaed. Lasto beth nîn, tolo dan nan galad.


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